C’est avec ce titre prometteur que Hydroplus.info nous donne envie d’aller voir de plus près.
Titre alléchant
Bonne idée que de favoriser le cheminement de l’eau, de limiter les surfaces bétonnées et de recréer des haies. Il est également intéressant de récupérer l’eau de pluie pour des usages domestiques mais pourquoi limiter son utilisation à « l’arrosage des espaces verts, les toilettes, le lavage des sols à l’intérieur des bâtiments et, à titre exceptionnel, le lavage du linge » ? (cf page 26 du Dossier de presse co-signé par Jean-Louis Borloo et Benoist Apparu).
D’accord, c’est un moindre mal de faire passer par des surfaces végétalisées l’eau que nous empruntons et salopons pour nos besoins, plus son temps de passage dans la terre sera long, plus le traitement sera efficace et meilleur son état avant qu’elle rejoigne un milieu aquatique.
Article décevant
Mais il n’est pas une fois question de sensibilisation, aucune allusion au fait que si nous ne salissions pas l’eau, si nous protégions la ressource lors de son passage par nous les humains, nous éviterions le problème à la source. Cet article prometteur accouche d’une souris.
Et pourtant de vraies solutions pérennes existent
Les toilettes sèches, tout le monde en a entendu parler. Elles permettent d’économiser l’eau mais aussi de ne pas la polluer. En effet une quantité minime en proportion [1], les germes pathogènes contenus dans nos matières fécales, contaminent la totalité de l’eau qui sort de l’habitat. Avec un système de tout à l’égout qui rejette à la rivière, cette eau sera considérée comme potable, suite à son passage par une station de potabilisation, pour la ville située en aval.
Sans oublier un avantage majeur des toilettes sèches, la réintroduction dans le cycle terrestre, sous forme d’humus ou de fertilisant suivant la technique employée [2], de ce que nous prenons à la terre pour nous nourrir.
Recycler les eaux grises dans les massifs paysagers ou les potagers urbains ? Pas un mot non plus sur ces principes [3], ils sont également inconnus du journaliste, lui-même résumant le dossier de presse [4] de Jean-Louis BORLOO, ministre d’État du MEEDDM et Benoist APPARU, secrétaire d’État chargé du Logement et de l’Urbanisme, « EcoQuartiers : un engagement fort du Grenelle Environnement ».
Étonnant pour notre MEEDDM alors que la réintroduction des résidus de toilettes sèches et des eaux grises dans les cycles agricoles font aujourd’hui partie intégrante des programmes du PNUD et de l’OMS !
Mais il faudrait avoir la volonté de les promouvoir
Peut être à l’image des mesures concernant les réductions de GES nous, pays nous considérant riches, croyons que préconisations, programmes et mesures sont réservés au pays que l’on qualifie d’émergents.
Pour nous il suffirait d’acheter des gris gris économiseurs [5] pour que la douche nous rationne l’eau et que les WC en prennent moins, il faudrait continuer à laver ses voitures mais dans des stations à eau de pluie indéfiniment recyclable etc etc.
Tout va très bien dans le meilleur des mondes, surtout ne changeons rien à nos habitudes, nous pouvons continuer à consommer de la même manière, à contaminer tout ce qui fait partie de notre environnement proche, à partir du moment où les concepteurs vérifient pour nous que le cycle naturel est respecté.
Finalement concevoir ce type d’éco-quartiers est aussi proche de l’écologie que de pisser dans un violon en pensant faire de la musique !
